Témoignages - Préparer son projet

Je suis arrivée au Québec il y a 6 ans

Aude D., infirmière

Avec le recul, il n'y a pas grand-chose que j’ai trouvé très difficile dans mon projet d’immigration professionnelle; c’est toujours une question de temps et d’organisation, je n’ai pas de mauvais souvenirs, ça s’est vraiment bien fait. Si je devais conseiller une collègue qui souhaiterait venir s’installer au Québec, je lui dirais qu’il faut bien se renseigner, lire les informations, aller visiter les sites internet des établissements de santé et aller voir les villes où elle souhaite arriver. Prendre le pouls en quelque sorte.

Il est important de penser à ses besoins personnels sur tous les plans : familial, social et professionnel. Prendre le temps de se poser les bonnes questions, de bien réfléchir à ce que l’on veut, de ne pas se précipiter. Ce n'est pas seulement le milieu de travail mais aussi l’environnement de ta vie à côté, qu’il faut cibler d’une certaine façon.

L’immigration, ça prend du temps, ça ne se fait pas du jour au lendemain; par moment on se sent fatiguée et découragée mais il ne faut pas se laisser décourager, chaque chose en son temps. En plus, on confond souvent immigration et reconnaissance des diplômes, mais c’est vraiment deux parties distinctes mais je sais qu’il y a des gens qui font l’amalgame entre les deux. On est tous un peu perdus au départ, mais il ne faut pas attendre que cela vienne tout seul, il faut s’approprier son projet.

Au départ, j’avais envoyé quelques CV depuis la France sans obtenir de réponse concrète. À mon arrivée ici, j’ai communiqué avec RSQ qui a dirigé ma candidature vers un employeur pour lequel ils avaient des mandats de recrutement. 

L’entretien avec l’établissement s’est bien déroulé, ils m’ont mis à l'aise par rapport à la langue, je m’attendais aux questions qu’on allait me poser sur ma pratique professionnelle en France. Par contre, je ne m’attendais pas aux questions concernant des cas concrets ni aux mises en situation cliniques. C’est surprenant, mais il faut faire confiance à notre jugement clinique.

Au début, j’ai travaillé sur des quarts de nuit et de soir, et je n’ai pas choisi mon service. Mais je savais en quittant mon pays que tout ne pouvait pas être rose et, avec le temps, j’ai réussi à choisir mes heures de travail.  

Parallèlement à cela, j’ai repris les études en 2007 : deux certificats à l’université.  Il y a une facilité à reprendre les études ici, à n’importe quel âge, c’est très appréciable d’avoir plusieurs évolutions possibles. 

Je ne regrette pas mon choix : mon emploi et mon évolution de carrière correspondent à mes besoins et à mes désirs.

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L’envie de venir travailler au Canada, plus particulièrement au Québec

Marianne C., travailleuse sociale

L’envie de venir travailler au Canada et plus particulièrement au Québec est née il y a longtemps. Le temps d’un voyage en 2008, de quelques échanges et de la réalisation de ce projet par une amie et nous voilà nous aussi, Chéri et moi, partis pour cette belle aventure.

Mais, il faut le préciser, elle ne fut et elle n’est pas de tout repos.

Au mois de septembre 2012, je découvre le site Journées Québec. Et, ho miracle, il a des propositions d’emploi en tant que travailleur social. J’ai postulé immédiatement mais j’ai préféré prendre mon temps pour réaliser les démarches telles que demander l’évaluation comparative de mon diplôme (1). Grave erreur, j’en conviens, mais je ne voulais pas me précipiter et je pensais avoir bien peu de chance d’être sélectionnée.

Fin novembre, je suis convoquée à Paris. En trois jours je monte un portfolio (2) – je voulais mettre toutes les chances de mon coté – et je passe l’entretien. Je suis un peu dubitative mais j’envois le dossier pour la reconnaissance de mes diplômes quand même (on ne sait jamais).

Début janvier, Recrutement Santé Québec me propose un entretien où l’on me conseille de bien me préparer, notamment à la mise en situation, et le 1er février, l’échange se fait. Miracle, je suis recrutée! Je pars vivre à Sept-Iles (autant dire à l’autre bout du monde pour moi qui suis du Sud de la France), là où il fait - 40 degrés et où les gens ont apparemment réussi à garder tous leurs orteils! (Je me demande par quels procédés!)

Comble de chance, on m’assure un accueil à l’arrivée et un logement pour Chéri et moi. Un problème de moins à régler (les logements à Sept-Iles sont très chers et difficiles à trouver). Je suis attendue pour le 1er juillet. 

Ni une ni deux, je mets tout en marche pour partir : je prends des billets d’avion pour les avoir à moindre coût (s’il vous plaît, ne faites jamais ça avant d’avoir en main votre permis de travail!!), je pose ma disponibilité pour mon lieu de travail, je prévois de quitter mon appartement! Tout est fait! Bien sûr je n’ai encore aucun papier mais partout où je me suis renseignée on m’a dit que 5 mois devraient suffire! Et bien sûr, ce ne fut pas le cas!

Tout d’abord, j’ai commencé mes démarches trop tard et je n’ai pas été assez minutieuse. Ainsi, avec le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelle (MICC), mon dossier m’est revenu en intégralité au mois de mars car il manquait un document. Je n’avais pas mis de liste de documents, je n’avais pas gardé de copie de ce que j’avais envoyé. Résultat, j’ai dû tout recommencer! Et j’ai obtenu l’étude comparative de mes diplômes en septembre.

Pour le permis de travail, je suis passée par le CRDV et mon dossier a été clôturé car ils n’avaient pas reçu un papier. Le seul que je n’ai pas envoyé avec accusé de réception!! Moi qui pensais sauver 6 euros!

Tout a fini par rentrer dans l’ordre mais je vous prie de croire que mes nerfs ont été mis à rude épreuve et que je ne souhaite cela à personne. En 5 ou 6 mois, tous mes plans ont été changés, j’ai dû retourner chez mes parents, reprendre un travail de serveuse, me battre au téléphone et par mail, secouer Chéri qui ne comprenait plus ce qui se passait et avoir l’air de gérer une situation impossible de crainte que mon employeur abandonne son projet!

Mais, je vous rassure, mon arrivée fut plus douce, enfin presque. Mis a part le fait que je pensais pouvoir prévoir tous mes transports sur place et que ce ne fut pas le cas. Mis à part que j’ai covoituré dans une voiture et Chéri dans une autre et que nous sommes arrivés à destination très stressés et fatigués (plus de 8 heures de route avec un inconnu!), tout s’est bien passé. J’ai eu la chance d’avoir du temps pour acheter une voiture et prendre un appartement, un luxe qui n’est pas donné à tout le monde! Et là aussi, il faut faire attention, ce n’est pas parce qu’on est au Québec que tous les gens sont gentils! Ils le sont juste presque tous!

Puis avant de commencer à travailler, nous nous sommes emmêlés entre les cartes de crédit et de débit. (Pas de carte de crédit sans historique de crédit, donc pour nous ce n’est toujours pas le cas!). On a eu la surprise de ne pas payer l’eau, on a rencontré des gens formidables et on à découvert le Québec comme jamais on ne l’aurait imaginé!

On a souvent été surpris. (Au Québec, un couple n’est un couple qu’après que tout cela soit dit clairement, voire que les mots je t’aime aient été prononcés!) Parfois déstabilisés. (Ma chef me demande de me positionner, de lui dire ce que je pense sans ambages, une vrai différence avec mon expérience en France). Et, je dirais même, décontenancés (quand une amie vous dit qu’elle va passer sous la table alors qu’à la dite table il n’y a que vous et Chéri, je dirais presque outrés! Elle voulait juste dire qu’elle n’allait pas manger!), mais toujours ravis de ces découvertes! 

Ho et finalement, il ne fait pas si froid que ça!! Mais les manteaux, les écharpes, les bottes qui me permettent de dire ça m’ont coûté la bagatelle d’un salaire!!

Alors, si vous prévoyez de venir, en bref il faut :

•s’y prendre très longtemps à l’avance; 

•envoyer tous ses courriers en recommandé avec accusé de réception;

•dresser une liste exhaustive des documents envoyés et en garder une copie;

•ne pas acheter de billets d’avion avant d’avoir son permis de travail;

•se préparer à des milliers de découvertes et développer ses capacités d’adaptation;

•Se préparer aussi à tous les frais engendrés, tant par l’arrivée que pour la lutte contre le froid!

 

Les liens utiles :

(1)http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/education/evaluation-comparative

(2)http://emploiquebec.gouv.qc.ca/citoyens/trouver-un-emploi/organiser-sa-recherche-demploi

 

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Les démarches à suivre

Amandine G., infirmière

Au niveau des démarches d’immigration, j’avais regardé un peu sur internet mais ça restait vague. Et je ne me rendais pas bien compte de toutes les démarches administratives qu’il y avait à faire. J’ai obtenu les coordonnées de RSQ et j’ai pris rendez-vous avec une conseillère. Elle s’est intéressée à mon projet dans son ensemble : mes motivations, mon expérience et mes attentes. Ensuite, elle m’a donné un document qui reprenait étape par étapes toutes les démarches que j’avais à faire. 

Pour moi ça m’a été d’une grande aide car j’ai su dans quel ordre commencer tous mes papiers. À chaque question, chaque moment, dès qu’il y avait quelque chose que je ne comprenais pas, je téléphonais ou j’envoyais un mail à RSQ. Heureusement que je les ai contactés.

Au départ on a l’impression que c’est facile, mais après quand on doit réellement faire ces démarches, ça nécessite d’être très organisé. Je pense qu’il faut prendre le temps de tout lire parce qu’il y a tellement de choses à faire : il faut savoir à quel organisme s’adresser, à quel organisme envoyer tel ou tel papier, etc. Par exemple, quand on m’a parlé de permis d’exercice à l’ordre des infirmières, j’ai confondu avec le permis de travail de l’immigration. Pour ça, heureusement que RSQ a pu clarifier les choses et m’orienter. 

C’est parfois décourageant, quand on attend une réponse de l’immigration et que ça tarde à arriver, on se pose plein de questions : est-ce que ça va marcher, est-ce que j’ai bien complété tous les documents ? Faut pas venir ici en se disant que tout est acquis, que c’est facile et qu’on va réussir toutes les démarches, toutes les étapes parce qu’à un moment ou à un autre on peut se voir refuser un papier on peut se voir refuser un visa à la douane, au dernier moment.

Aussi, ce qui est important à dire, je pense, c’est qu’il y a pas mal de frais qui s’ajoutent à tout ça (le dossier d’équivalence à l’OIIQ, la visite médicale, le permis de travail). Même si une partie des frais est remboursée par l’employeur, il faut quand même pouvoir avancer ces frais.

Pour moi RSQ a été d’une grande aide car j’ai su dans quel ordre commencer tous mes papiers. À chaque question, chaque moment, dès qu’il y avait quelque chose que je ne comprenais pas, je téléphonais ou j’envoyais un mail à RSQ. Heureusement que je les ai contactés.

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